Interview Pierre-Etienne Franc, VP Air Liquide

Pierre-Etienne Franc, quelles sont vos nouvelles responsabilités au sein du Groupe Air Liquide ?
Je prends la responsabilité de structurer les marchés de l’hydrogène ouverts par la transition énergétique et de m’assurer qu’Air liquide y soit favorablement positionné.

L’hydrogène est donc au cœur de la transition environnementale ? On parle de « chaînon manquant » ?
La transition énergétique, dans sa composante physique, est d’abord un double renforcement : renforcement de la part du renouvelable dans le mix et renforcement par conséquence du rôle de la fée électricité dans la distribution de cette énergie dans les secteurs qui en ont besoin.

La fée électricité a deux baguettes : la baguette de la distribution en réseaux – le fil et la batterie – et la baguette de l’hydrogène, l’autre vecteur de stockage et de distribution d’énergie efficace quand le réseau n’est pas suffisant.

Vous définissez l’électricité comme un concurrent ou comme un allier dans la transition ?
L’électricité est de fait le vecteur principal qui permettra avec l’hydrogène de se passer un jour des énergies fossiles.

Le groupe Air Liquide, et en particulier l’activité que vous dirigez, peuvent être un symbole des nouvelles responsabilités sociétales de l’entreprise dans la cité ?
L’ouverture de ces marchés est un engagement plus ambitieux que de nature parce que nous sommes au cœur du système productif construit sur le dernier siècle et demi pour servir un modèle de croissance matériel et intensif.

Il s’agit d’en changer sans que cela ne se fasse au détriment du bien commun. L’objectif est de refonder un système productif différent, soutenable, probablement plus distribué, dans lequel le rôle des technologies devient très central, et donc nécessite des investissements initiaux élevés et risqués. Ceux-ci ne sont pas réalisables sans un consensus collectif qui permettrait d’atteindre des niveaux de coûts compétitifs, ni sans que les entreprises y mettent les moyens. Elles le feront uniquement à condition que les engagements de politique publique soient déterminés et globaux pour éviter un isolement vertueux mais non compétitif.

Dans cette optique, il est dans l’intérêt des entreprises dont les activités servent directement ou indirectement le bien commun – et c’est le cas de l’énergie – d’être associée très en amont au débat public et collectif sur les bons choix de façon à ce que les décisions réglementaires et de politiques publiques soient informées. Le monde connecté impose dans ce dialogue une grande transparence qui génère en retour une plus grande clarté des débats et aussi une meilleure capacité des parties prenantes à tester les solutions. Les entreprises doivent rentrer dans ce jeu si nous voulons que les meilleures solutions soient prises.

Vous faites partie d’Engage depuis sa création, le Groupe Air Liquide en est partenaire, pourquoi ?
Engage incarne dans son style très transversal, très ouvert, très positif, la démarche qui doit permettre de construire des solutions intelligentes, humaines, durables pour nos grands problèmes actuels. Engage élargit le regard de nos collaborateurs et nous impose en retour de mieux expliquer et comprendre les enjeux et les freins des idées que nous souhaitons faire avancer, dans le cas présent, la transition énergétique.

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