Le Club des Créateurs Contributifs

Un vent se lève. Depuis quelques années déjà, ou peut-être depuis toujours, mais aujourd’hui entretenu par des milliers de petites éoliennes personnelles qui agitent leurs pales dans le même sens. Un vent porteur, alimenté par tous, entrepreneurs, artistes, scientifiques, agitateurs, penseurs. Ceux qui appellent la naissance d’une nouvelle société, mais plus encore, la construisent pas à pas.

L’heure n’est plus en effet à l’incantation, à l’espoir, mais à l’action. Une action gaie, créative, qui invente chaque jour des solutions, des réponses nouvelles à nos blocages. Des contributeurs, simplement animés par la volonté de s’engager vers une société meilleure, plus juste, les créateurs contributifs.

On a beaucoup parlé des créatifs culturels, identifiés par Paul Ray et Sherry Anderson, qui représenteraient aujourd’hui 34% des nord-américains et 17% des européens. Disons que les créateurs contributifs sont leurs descendants naturels, plus profondément convaincus et donc plus engagés.

Que font-ils au juste ?

Ils créent des entreprises plus responsables, plus justes, plaçant la contribution sociétale au cœur de leurs missions. Les exemples sont légions, dans l’éducation Coursera ou Living School, dans l’énergie Sun Partner, dans l’environnement Pur Projet, quelque soit le modèle d’entreprise ou sa taille.

Ils insufflent dans l’entreprise d’autres valeurs, appliquent de nouveaux modèles d’organisation et de management, repensent les produits, le rapport au consommateur, etc.

Ils impliquent les populations dans l’acte créatif, repensent la médiation culturelle en s’approchant des territoires : MUMOEl Sistema.

Peu importe leur discipline ou leur secteur, car les nouvelles réponses appellent souvent des croisements féconds. Peu importe que nous entendions la création au sens entrepreneurial ou artistique, car l’esthétique et l’éthique semblent indissociables dans cette quête du bon, du beau et du vrai. Pour rendre les organisations éthiques, il ne faut pas inculquer des normes sociales, mais aider les personnes à découvrir par elles-mêmes la réalité du bien, du beau et du vrai –  Platon.

Evidemment, les cassandres ne pourront s’empêcher de souligner les manques et contradictions de ces acteurs de l’économie nouvelle, créative, positive, peu importe son appellation. Comment créer de la valeur si l’on se contente d’échanger des produits ? Ceux qui partagent ou louent leur voiture soutiennent-ils l’industrie automobile, et déclarent-il ces nouvelles sources de revenus ? Combien cette nouvelle économie crée-t-elle d’emplois ? Quel est son potentiel par rapport à notre économie industrielle passée ?

Qu’allons-nous peser en comparaison des pays qui ne se posent pas ce type de questions et produisent, achètent, commercent, quitte à polluer, quitte à maltraiter, quitte à…

Nous ne sommes pas ici en train de théoriser un nouveau modèle, mais de contribuer, décidément, à la naissance d’un mouvement, d’une dynamique. Faisons confiance justement à l’homme pour s’adapter, pour trouver une cohérence, et valoriser cette économie encore naissante. Regardons vers demain.

Et il n’est pas question de faire l’aumône, de tendre la main et d’attendre que les défenseurs d’un modèle passé nous jettent quelques pièces dont nous ne saurions que faire. Non, qu’ils s’inspirent, reprennent ces idées novatrices, pour le bien de tous, elles n’appartiennent à personne. Le temps est à la concertation, à la recherche de voies nouvelles, collaboratives justement. Les cassandres sont, tous, les bienvenus.

Ne sont-ils pas finalement des êtres sensibles et plus profondément blessés encore ? Ne se sont-ils pas patiemment construit une carapace et cousu des œillères, pour ne rien ressentir et ne rien voir. Peuvent-ils longtemps se tromper eux-mêmes ? Je ne le crois pas, le mal est là, qui brûle, au creux du ventre. La schizophrénie ne tient qu’un moment, avant que l’apparition de l’ulcère, attisé par le cynisme et l’auto-tromperie, ne révèle la vérité au grand jour. Il suffit peut-être alors de sortir du bois, de faire son coming-out contributif. Le monde du beau, du bon et du vrai leur tend les bras, car ils ont leurs compétences, leur sensibilité et leur nouvelle énergie à apporter.

Fédérons les créateurs contributifs, ENGAGEons-nous.

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