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La fable du renard et du sanglier

Que garder de vraiment important de ce mois de mai ? Entre pluie et soleil

Pluie : la sortie du rapport de L’IPBS alarmant à plus d’un titre. La nature se dégrade de plus en plus vite et les objectifs pour la conservation durable de la nature ne peuvent être atteints par les trajectoires actuelles. Seul des « changements transformateurs » profonds dans les domaines économiques, sociaux, politiques et technologiques permettront de revenir dans la trajectoire 2030 et après.

Pluie et soleil : Les élections européennes entre timide embellie (remontée du taux de participation, poussée des Verts) et coup de déprime (l’avancée significative des extrêmes) nous indiquent que l’Europe est loin d’être morte et qu’elle reste un espace démocratique ouvert et vivant à protéger des poisons du nationalisme. Espace où une réelle alternative écologique est en passe de peser sur les choix économiques au niveau national comme européen. L’Europe recycle 31 % de ses plastiques. Pas grand-chose me direz-vous mais pas ridicule lorsque l’on sait que les US ne recyclent que 10% des leurs.

Soleil : La mobilisation des étudiants et des lycéens pour le climat a renvoyé notre génération dans les cordes question prise de conscience, maturité, engagement citoyen et passage à l’action. Gardons donc l’espoir que la génération qui se lève saura mieux que nous sauver ce qu’il reste de la maison commune.

Michel Serres, si ma mémoire est bonne, avait coutume de dire que dans la vie, il y a des renards et des sangliers. Le renard vagabonde, explore, découvre de nouveaux territoires, connait sa nature et fait confiance à son intuition – au risque de se disperser. Le sanglier, quant à lui, creuse profondément son sillon, avec persévérance, ténacité et efficacité – au risque de se scléroser. Le monde a besoin de renards et de sangliers.

Le renard et le sanglier ont un point commun. Ils comprennent le territoire dans lequel ils vivent et agissent dessus différemment, avec leurs propres moyens.

Nous partageons cette ambition chez ENGAGE. Celle de comprendre pour agir ou, plus exactement dit, celle de transmettre cette double joie si chère à Michel Serres, de comprendre et d’agir.

Ensemble.

Philippe Bertrand

Béatrice Jung et Anne de Bagneux : Le leadership au féminin

Anne de Bagneux, directrice générale adjointe France et Béatrice Jung, directrice RSE groupe de Transdev font partie du Cercle Leadership au féminin lancé en septembre avec Engage. Elles reviennent sur leurs motivations et leur vision du leadership au féminin

En quoi consiste le Cercle Leadership au féminin que vous avez lancé?
Anne : il s’agit d’amorcer, ou de ré-amorcer un travail collectif sur la place des femmes dans le groupe, et plus largement sur les questions de mixité ou de diversité.
Transdev étant mobilisé et actif pour réfléchir à la mobilité de demain, engagé dans cette modernisation de notre activité, l’entreprise ne peut faire l’impasse sur le sujet. Le cercle est aussi l’opportunité de se demander quelle contribution peut être celle des femmes à cette modernité, quel rôle les femmes peuvent-elle prendre pour accélérer notre transformation?
Je suis convaincue que la mixité est un marqueur de modernité…

Béatrice : le cercle de Femmes de Transdev mobilisé avant l’été est volontairement restreint ; il complète le Club Mixité & Performance du groupe. La question n’est pas tellement le « quoi » mais le « pourquoi » : pour relancer une dynamique, et le « comment » à travers une dizaine de rencontres de femmes conscientes et motivées pour contribuer à faire bouger notre culture à travers un plan d’actions qui sera porté au Comex.

Qui ce cercle regroupe-t-il?
Anne : Il regroupe 10 femmes managers de Transdev, fonctions corporate / siège ou opérationnelles en région ; des femmes toutes sensibles aux enjeux de la mixité et engagées pour faire bouger les choses.

Béatrice : 10 femmes manageuses, de différentes filières, ayant la responsabilité d’équipes différentes, d‘âge et de parcours différents

Quels sont ses objectifs à court et moyen terme?
Anne : à court terme, nous avons un objectif de solidarité. Nous sommes toutes un peu seules dans nos rôles/missions, donc chacune de nos rencontres est l’occasion de partager, prendre un peu de temps ensemble pour échanger ; à moyen terme, nous avons pour objectif d’élaborer un plan d’actions et d’engager le Comex.

Béatrice : c’est drôle car je complèterais la réponse d’Anne en disant que l’objectif à court terme est un plan d’actions à mettre en œuvre rapidement et l’objectif moyen terme est un objectif de solidarité durable pour faire perdurer et déployer autour de nous ce cadre de protections et de permissions mis en œuvre au sein du cercle dans lequel nous expérimentons l’importance de la parole de chacune.

Les femmes ont-elles une vision différente du management, du leadership?
Anne : je dirais oui. Les femmes sont dans la contribution, la construction…et moins dans le pouvoir… sans tomber dans la caricature, les femmes sont plus naturellement à l’aise entre bienveillance et fermeté. Les femmes ont une capacité d’écoute…juste de s’écouter, en réunion par exemple. Il y a une notion de courage aussi. Les femmes veulent être utiles à quelque chose qui les dépasse.

Béatrice : je me méfie des stéréotypes inversés…mais résolument la partie féminine de chacun… « embrasse plus large »…les femmes ont moins besoin de se positionner, de se différencier de façon compétitive…elles ont une approche des sujets plus unifiée…une femme sait être une professionnelle et une mère, elle sait être dans la relation et dans le résultat, elle sait se mettre en avant ou pas selon le jeu de rôle qui s’impose à un instant T, elle sait être dans sa vulnérabilité et forte…C’est cette épaisseur de savoir-être (et qu’un homme peut tout à fait avoir évidemment) dont l’entreprise doit prendre conscience, qu’elle doit apprendre à respecter et surtout utiliser car il y a beaucoup d’intelligence derrière.

Pourquoi avoir fait appel à Engage pour l’initier et l’animer?
Anne : Il nous fallait être accompagnées pour nous ouvrir à ce qui se passe à l’extérieur sur ces sujets. Sortir de notre caverne. Avoir quelqu’un qui nous aide à partager et à intégrer d’autres pratiques. Engage avait cette approche « réseau » et une sincérité dans son action, dans son ambition de changer le monde qui ont fait la différence.

Béatrice : tout à fait ! Engage a en particulier une conviction et une expertise précieuse de formation à l’intelligence collective. Et notre enjeu est bien celui de mettre en œuvre les conditions d’une meilleure collaboration entre hommes et femmes : plus de femmes, plus de femmes responsables et écoutées, et un meilleur dialogue

Question + : Au final est-ce qu’on y croit ?
Anne : oui…mais la route sera longue et difficile. Cela doit je pense passer par des contraintes…par exemple une charte de comportements.

Béatrice : oui…de toutes façons l’avenir est dans cette complémentarité…les femmes y arriveront…et ma conviction est que si Transdev veut survivre, cette prise de conscience de chacun est incontournable.